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Mon aventure musicale
avec
Tommy Talton
Par Dom "Tom Schak" Tomschak
Publié dans Bands Of Dixie n°92 (mai - juin 2013)
Dom "Tom Schak" Tomschak
Venu en Europe en 1994 pour une tournée de six semaines avec le chanteur et compositeur Matt Dawson, Tommy Talton y resta finalement neuf ans. Installé au Luxembourg, il fondait tout d'abord les Rebelizers. Trois ans après, le groupe disparaissait ; Tommy montait alors les Realizers avec Guy Fritsch à la basse, David Girardi à la batterie et Dom "Tom Schak" Tomschak à la guitare et à l'harmonica. Pour ce dernier, la complicité avec l'américain n'était pas nouvelle. Il raconte l'histoire de cette aventure musicale commune ponctuée de centaines de concerts avant de clôre sur une anecdote comme on les aime.
Tommy Talton
« Mon aventure musicale avec Tommy Talton » vient compléter une interview de Tommy Talton où ce dernier, outre l'évocation de son séjour en Europe, présente son dernier album, « Let's Get Outta Here » et revient bien entendu aussi sur le passé.

J'ai rencontré Tommy en 1994, alors qu'il débarquait tout juste au Luxembourg, pour un exil qui durera jusqu'en 2002, si mes souvenirs sont exacts.
C'est Chris Janssen, bassiste du fameux groupe belge Wallace Collection (Daydream), vielle connaissance de Tommy, qui l'avait fait venir là pour étoffer son groupe du moment, autour du chanteur Matt Dawson, lui aussi résident au Luxembourg.
Hormis Matt, il y avait dans ce groupe Mike Bell aux claviers et Peter Baron aux drums (également musiciens d'Albert Lee).
Le Matt Dawson band jouait ce soir là pour une fête d'un quadruple anniversaire, dont celui de mon épouse et du luthier Christophe Leduc dont elle était la secrétaire.
J'appréciais déjà beaucoup Matt Dawson, mais dès lors que j'ai entendu le jeu de guitare de Tommy, je fus littéralement scotché. J'avais connu aussi Cowboy dans les années soixante-dix, sans que je ne me sois jamais intéressé au nom des musiciens du groupe.
Peu de temps après, en 1995, les musiciens de Matt Dawson montaient leur propre groupe Rebelizers, autour de Tommy avec lequel ils enregistrèrent rapidement « Someone Else's Shoes » dans un studio luxembourgeois, et commencèrent à tourner dans toute la région, dont la Lorraine toute proche (la chance d'habiter à moins de trente kilomètres de trois pays différents).
En juillet 95, sollicité pour produire la scène d'un festival de bienfaisance, j'ai immédiatement pensé à Rebelizers en tête d'affiche, dont j'eu l'honneur de faire la première partie en solo.
Au cours du week-end de ce festival, nous eûmes plusieurs occasions (apéro-concert, after...) de jammer ensemble, dans différentes formations où Tommy et moi étions toujours partie prenante.
Dom "Tom Schak" Tomschak et Tommy Talton
Dès lors, nous étions devenus très amis et c'est Eileen, la première épouse de Tommy, qui lui suggéra de jouer plus souvent avec moi, car elle trouvait que nos « vocal harmonies » sonnaient bien.
Je dois aussi avouer, non sans fierté, que Tommy était très impressionné par mes interprétations de James Taylor, avec qui il avait travaillé en studio pour les albums de ses frères Alex et Livingston Taylor. Je l'ai entendu un jour dire à l'un de ses compatriotes : « You should hear Tom singing James Taylor, he's incredible for a French guy... ». Motivant pour l'éternel amateur que je suis.
A partir de cet instant, nécessité faisant loi pour lui qui ne sait rien faire d'autre, nous fûmes amenés à jouer très souvent ensemble en duo, dans tous les music bars du Luxembourg, des proches Belgique, Allemagne et évidemment Lorraine. Fêtes de la Musique, festivals, et puis une fameuse soirée à Florange en février 1998 (ça ne s'invente pas...), où j'organisais un concert pour célébrer mes trent ans de scène avec trente-cinq musiciens, dont Tommy, au profit de l'école de musique de la vallée de la Fensch (cf. Lavilliers « Fensch Vallée »).
Pour cette occasion, nous nous étions adjoint un bassiste et un batteur, et le quartet s'est formé, avec lequel nous avons beaucoup tourné, sous le nouveau nom de « Realizers », pour un nouvel épisode de concerts, jusqu'en 2000.
Ces deux nouveaux musiciens, comme moi subjugués par l'immense talent de Tommy, mais y voyant un intérêt plus commercial que musical, ont fini par m'obliger à demander à Tommy de choisir entre eux et moi. Attiré par les promesses sans lendemain de ces derniers, il a préféré se séparer de moi. Une fois de plus, nécessité faisant loi.
je ne lui en ai absolument pas voulu de ce choix, au détail près que je savais par avance que cette association était vouée à un échec cuisant.
Imaginez qu'ils n'ont rien trouvé de mieux que d'associer Tommy Talton à une nème tentative de revival de Christian Decamps (ex Ange)... avec qui Tommy a fait un ou deux concerts, avant de comprendre l'erreur. Demander ça à quelqu'un qui a accompagné Muddy Waters en tournée !!!!!.....
Cela a encore duré jusqu'en 2002, jusqu'au divorce de Tommy et Eileen, et son retour obligé aux States, pour lequel il a dû vendre sa Stat 67 pour payer son billet d'avion.
Fin de l'aventure Tommy Talton en Europe. Il y revient cependant chaque fois qu'il peut, pour y voir sa fille Josephine (...beyond compare...) à qui il a donné le nom d'une de ses magnifiques chansons composée en 1970.
Combien de concerts ensemble ? Difficile à dire, nous n'avions pas de comptable. Mais entre cent et deux-cents, au minimum sur cinq ans.
Dom "Tom Schak" Tomschak et Tommy Talton
Nous jouions ses compositions, ses covers incroyables de Van Morrison (son grand regret est de ne pas avoir pu jouer avec lui), d'Hendrix qu'il jouait bien mieux que l'original (presque normal, 30 ans après), de Dylan, des Beatles, des Stones, de Clapton..., ainsi que mes covers de James Taylor mais aussi tous les bluesmen que j'ai l'habitude de reprendre. Et à chaque concert avec lui, il enchaînait sur un ou plusieurs morceaux que je n'avais jamais entendus. Très dur, mais en même temps, très bonne école... Nous n'avons pratiquement jamais répété, ça ne servait à rien, parce qu'au moment du concert, il changeait tout en fonction des circonstances ou du public.
Je faisais la guitare rythmique, l'harmo et les backging vocals dans ses interprétations, et vice-versa (eh oui !).
Allez savoir pourquoi (lol), il lui arrivait régulièrement d'attraper le hoquet pendant qu'il chantait. Il me disait : « Tom, go ahead ! » et je continuais la chanson à sa place. Et personne ne s'apercevait de rien, croyant que cela faisait partie de l'arrangement (lucky me !!!).
Malgré la triste fin de notre collaboration, nous sommes restés amis et en contact régulier bien qu'épisodique, mais j'espère bien l'alpaguer cette année (je sais comment : la bouffe française dont il est plus que friand, même les escargots ou le tartare de cheval - ce qu'il ne faut surtout pas balancer à ses compatriotes...).
L'amitié pour les américains n'a pas le même sens que pour nous, mais lorsqu'on le sait, on le prend comme ça vient. Et qui suis-je pour en demander plus à un guitar hero comme lui, je suis déjà flatté et comblé de compter parmi ses amis.
Il y a des dizaines d'anecdotes que je pourrais raconter, mais la plus dingue est sans doute celle liée au dernier concert des Stones à Luxembourg. En tant qu'ami d'enfance et co-membre de We The People aux côtés de Chuck Leavell, Tommy était l'invité VIP backstage de Chuck.
A la fin du concert, Tommy a entraîné Chuck à venir faire une jam avec lui au Bistrot Art Scène à Luxembourg (notre fief commun). Jagger ayant entendu ça a voulu les y accompagner. Ce fut un « niet » éclatant, Chuck expliquant à Mick qu'ils ne voulait pas d'une émeute, mais se faire un bon boeuf après tant d'années.
Evincé le Mick.
Ils ont joué jusqu'à 5 heures du mat. pour le plaisir d'un public éberlué de la performance...
Le Bistrot Art Scène est situé sous les balcons du palais grand-ducal et Tommy avait l'habitude de hurler : « Hey, grand duky, come on down !!!... »
That's Tommy !!!...
Realizers (1998)
Realizers sur les remparts de Luxembourg, 1998 : Tommy Talton - David Girardi - Guy Fritsch - Dom "Tom Schak" Tomschak
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